L’intelligence artificielle en médecine, vecteur de guérison

Le 7 avril 2021

Suivi des patients, traitements personnalisés, consultation à distance, radiologie et anatomopathologie, robots chirurgiens, prothèses intelligentes… L'intelligence artificielle (IA) révolutionne le secteur de la santé et permet d’optimiser la durée et le coût des traitements, tout en améliorant leur efficacité. Elle aide également le corps médical à rendre un meilleur service et à anticiper les situations de crise sanitaire. Tour d’horizon des applications de l’IA dans le domaine médical.

ESIN

L’IA appliquée au diagnostic

Pour un médecin, il est déterminant de diagnostiquer avec précision l’état de son patient pour pouvoir lui prescrire le bon traitement et lui offrir un suivi adéquat. L’IA offre cette possibilité aux médecins ! En effet, l’algorithme parvient à exploiter toutes ces données pour poser un diagnostic extrêmement précis, qui ne laisse aucune place au doute.

Google AI, la division de Google dédiée à l’intelligence artificielle, a pu concevoir une IA capable de prédire le cancer du poumon avec un taux de précision de 94,4 %. Elle évite ainsi aux patients d'avoir à effectuer des prélèvements invasifs, mais pas que ! Cet algorithme aide notamment les médecins à prescrire de meilleurs traitements pour des maladies complexes et souvent difficiles à diagnostiquer, comme les allergies.

La médecine prédictive

Les données médicales constituent un enjeu de taille, dans la mesure où leur exploitation par l’IA peut permettre de prédire certaines maladies, améliorer la précision des diagnostics et la qualité du suivi des patients.

La médecine prédictive permettra, ainsi, aux professionnels de santé de prévoir les maladies avant qu'elles ne soient observables cliniquement. Ils auront ainsi le temps d’envisager les interventions nécessaires pour rétablir la santé de leurs patients et optimiser leurs chances de survie face à des pathologies graves comme les accidents cardiaques, les insuffisances respiratoires ou rénales, ou encore les complications qui peuvent survenir à la sortie des soins intensifs.

Par ailleurs, l’IA serait une alternative à la pénurie de médecins, qu’ils soient généralistes ou spécialisés. L’IA offre, en effet, la possibilité d’assister les professionnels de santé dans la phase de diagnostic, voire d’automatiser certaines tâches administratives, offrant aux médecins la possibilité d’optimiser leur temps et de mieux prendre en charge leurs patients.

De nouvelles molécules pharmaceutiques

Grâce à sa puissance de calcul, l’IA est capable d’analyser d’importants volumes de données multimodales pour identifier de nouvelles molécules thérapeutiques ou repositionner des molécules existantes pour de nouvelles utilisations. Elle permet également une meilleure gestion des effets secondaires des futurs médicaments.

Au Japon, une technologie d’intelligence artificielle a pu, pour la première fois, élaborer entièrement une molécule pharmaceutique, qui est en passe d’être testée sur des volontaires dans le cadre d’essais cliniques. Destiné au traitement des patients présentant des Troubles Obsessionnels Compulsifs (TOC), ce nouveau composé est le fruit d’une collaboration entre Excientia, une startup spécialisée dans l’IA implantée à Oxford, au Royaume-Uni, et Sumitomo Dainippon Pharma, une société pharmaceutique japonaise.

Les implants médicaux

Sous l'impulsion de l’IA, les implants seront plus petits, plus intelligents et plus connectés. Ces dispositifs gagneront en efficacité et en performance et offriront plus de confort aux patients. Des implants auditifs aux lentilles de contact, en passant par les prothèses des membres supérieurs et inférieurs, l'IA a un impact des plus positifs sur la vie des patients. 

Les chercheurs Joseph Makin, David Moses et Edward Chang, de l'Université de Californie à San Francisco (UCSF) aux Etats-Unis, ont mis au point un nouveau système d'intelligence artificielle capable de décoder en temps réel et de traduire les pensées en mots, avec un taux de réussite de 97%. Cette IA pourrait constituer un premier pas vers la réalisation d’une prothèse de la parole, à destination des patients ayant perdu cette faculté à cause d’un accident ou d’une maladie. 

La téléconsultation médicale

Les téléconsultations médicales peuvent gagner en performance grâce à l’IA. Cette dernière donne un meilleur accès au Dossier Médical Partagé (DMP) de son patient au médecin téléconsultant, ce qui permet d’obtenir des informations cliniques ciblées. L’algorithme qui gère ce DMP peut offrir au médecin téléconsultant un accès direct et rapide aux données nécessaires au suivi du patient. A cet égard, les chatbots pourraient constituer une solution adéquate. C’est le cas du chatbot Vik, qui est en mesure de poser un pré-diagnostic en se basant sur les réponses aux questions qu’il pose aux patientes atteintes d’un cancer du sein.

Par ailleurs, l’usage des objets connectés permet aujourd’hui de réaliser des téléconsultations dont la précision et la qualité sont quasi similaires à la consultation présentielle.

La chirurgie robotisée

Viendra un jour où les robots chirurgiens seront parfaitement banalisés au sein des blocs opératoires. D’ailleurs, cette pratique est en pleine expansion actuellement, et pour cause. Elle offre un niveau de fiabilité et de précision que la main d’un chirurgien ne peut égaler. Les plaies opératoires cicatrisent mieux et les complications et autres risques sont réduits à leur minimum.

Le marché mondial des robots chirurgicaux présente un niveau de croissance annuel supérieur à 10%. Il passera ainsi de 3,9 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2018 à 6,5 milliards de dollars à l’horizon 2023, selon les prévisions de Markets and Markets. Si ces robots sont surtout plébiscités en gynécologie et en urologie, leur utilisation se diversifie de plus en plus.

La prévention épidémiologique

Les virus se caractérisent par leur grande diversité, notamment en milieu tropical, ainsi que dans le pergélisol qui risque de fondre complètement d’ici la fin du millénaire, si la tendance n’est pas inversée. Au cours de sa lente fonte, il pourrait libérer des virus inconnus jusqu’alors, et qui peuvent être mortels. L'intelligence artificielle et le maching learning constituent des outils de prévention et de pistage qui pourraient aider l’humanité à se préparer à l’éventualité de l’émergence de ses nouveaux virus. 

En France, Microsoft travaille sur un projet de création d’une IA qui aura pour objectif de faciliter le décèlement des personnes infectées, de manière à ce que les autorités publiques puissent les isoler et éviter ainsi la propagation de l’épidémie.

Sur un autre registre, les équipes de l’Institut Gustave Roussy, de l’hôpital Bicêtre AP-HP, de la startup Owkin et d’Inria collaborent pour mettre au point une intelligence artificielle qui permettrait permettait aux personnels de santé de prédire avec une grande précision la sévérité de l’atteinte aux virus et autres pathologies pulmonaires. Au cœur de la médecine du futur, l’IA offre de belles perspectives d’avenir au secteur de la santé.

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